Déprime ou Dépression ? That is the question !

Cet article propose quelques réponses concrètes pour connaître la dépression, ses origines et les manières de la guérir.

Il est bien évident qu’une rupture sentimentale, un divorce ou une séparation peuvent entraîner des sentiments de tristesse et un repli sur soi. Néanmoins, si ce sentiment est intense et persistant, il est possible que vous soyez dans un mécanisme dépressif qui dépasse la tristesse normal que l’ont peut ressentir dans ces situations. Il est alors important que cette dépression soit prise en charge.
La dépression est un problème de santé de plus en plus préoccupant. L’Organisation Mondiale de la Santé prévoit qu’en 2020 la dépression sera, après les maladies cardiovasculaires, la pathologie qui entraînera, en termes directs ou indirects, les plus importants coûts de santé (Murray et al, 1997).

Qu’est ce que la dépression ?

La dépression n’est pas une tristesse ou une fatigue passagère mais une maladie fréquente et invalidante.
Elle se manifeste par une période d’au moins deux semaines, pendant laquelle le sujet perd plaisir dans toutes ou presque toutes les activités de la vie quotidienne, qui auparavant étaient agréables (voir des amis, pratiquer un loisir…) et/ou affiche une tristesse continue de l’humeur. Cette tristesse est présente toute la journée ou presque et peut être ressentie comme une douleur morale.
D’autres symptômes peuvent également être présents comme : un changement de poids et des habitudes de sommeil (augmenté ou diminué), une fatigue, un sentiment de dévalorisation « je suis nul, je n’arriverais à rien, les autres sont meilleurs que moi », de culpabilité « je suis responsable de ma tristesse, ce qui m’arrive est de ma faute, cette douleur est méritée », une agitation ou un ralentissement, une difficulté à se concentrer ou à penser et la présence d’idées noires, de suicide « je suis bon à rien, j’aimerai partir loin, partir pour de bon ». Ces symptômes, en rupture avec le fonctionnement antérieur, entraînent une douleur morale et une altération du fonctionnement social ou professionnel (DSM IV, 1994) .
La dépression est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. On peut considérer qu’aujourd’hui environ 2 % des hommes et 3 % des femmes vivent un épisode dépressif soit 1,5 million de personnes en France, et presque 1 homme sur 10 et 1 femme sur 5 auront un épisode dépressif au cours de leur vie (Alonso et al, 2004).

Comment s’explique la dépression ?

Il semble aujourd’hui que les causes de la dépression soient plurifactorielles. Des facteurs génétiques, biologiques sociaux et psychologiques peuvent entraîner une vulnérabilité sans pour autant prédirent d’une dépression. Il existe aussi des évènements de vie (deuil, séparation, traumatisme, maladie, anxiété prolongée) qui peuvent favoriser une entrée en dépression.

Que faire face à la dépression ?

Tout d’abord il faut savoir qu’il est important de réagir rapidement car plus tôt elle sera pris en charge moins le risque de récidive ultérieur sera important, mais aussi, parce que la souffrance qu’elle entraîne augmente le risque suicidaire. Il est recommandé dans le cas de dépression légère de suivre une psychothérapie et d’y allier un traitement médicamenteux dans le cas de dépression plus sévère. Il existe aujourd’hui des traitements adaptés, généralement bien toléré et tout a fait compatible avec une vie active. Les effets secondaires sont mineures et tendent à disparaître rapidement. Classiquement les effets sur l’humeur commencent quelques semaines après le début du traitement (1 à 3 semaines), il dure en moyenne entre 6 mois et un an et n’entraîne pas de dépendance physique. Il est important qu’il soit maintenu au delà de la disparition des symptômes afin d’éviter les rechutes.
Il existe aujourd’hui de nombreuses psychothérapies qui ont montrées leur efficacité. Qu’elles soient d’inspiration psychanalytique ou comportementale et cognitive, toutes semblent avoir un effet bénéfique dans la prise en charge de la dépression. Cet effet est néanmoins plus important avec la combinaison d’une prise en charge pharmacologique (Scott et al, 2000 ; Segal et al, 2002).
Dans les thérapies comportementales et cognitives le thérapeute vous aidera de manière concrète à retrouver peu à peu des activités de plaisir et à prendre de la distance par rapport à vos émotions et pensées négatives. Dans les thérapies psychanalytiques le thérapeute interviendra moins mais vous aidera à réfléchir sur le rapport entre le passé et le présent.
La dépression n’est pas un vague à l’âme mais une réelle maladie ou « se secouer » devient parfois impossible, il est donc important qu’elle soit prise en charge le plus tôt possible.

Parlez en à votre médecin généraliste, psychiatre ou à un psychologue.

Déprime ou Dépression ? That is the question !