Vivre une rupture, désiré ou subie, est toujours une source de souffrance. « Il me manque terriblement ». « Je me lève le matin, me retourne dans le lit comme à l’accoutumé mais elle n’est pas là ». « Je retrouve sous le lit son livre de chevet et éclate en sanglot ». « Chaque pas que je fais me rappel le souvenir d’un avant meilleur, de bons moments passés ensemble ». Même lorsque la séparation est désirée, les nombreuses petites habitudes du quotidien en couple disparaissent et le vide laissé nécessite de réapprendre à vivre seul.
La rupture est une forme de deuil qui prend du temps. Les chamboulements dans les petites habitudes, la tristesse, les remords, le manque de motivation et les petites pensées du type : « je ne suis pas fait pour être aimé », « tout est de ma faute », « je ne trouverai jamais quelqu’un de bien », « je suis nul »… constitue un mécanisme dépressif normal et transitoire. Dans l’idéal, petit à petit, de nouvelles activités se substituent à ce vide et les ruminations et la tristesse paraissent déjà lointaines. A tel point, que l’on peut même y voir des avantages
: « je rêvais de prendre des cours de théâtre depuis que j‘étais petite, maintenant que j’ai le temps, je me lance », « je me suis remis au judo, j’avais oublié à quel point cela fait du bien », « depuis que je suis seul j’ai renoué avec mes amis d’enfance », « je me suis rapproché de ma mère divorcé et j’apprécie ces moments de complicité »…
Les études tendent aujourd’hui à montrer que le célibat et de manière plus générale la solitude sont des facteurs pouvant entraîner des troubles dépressifs (Bellamy, 2005). Il est bien évident qu’une rupture sentimental, un divorce ou une séparation peuvent entraîner des sentiments de tristesse et un repli sur soi. Néanmoins, si ce sentiment est intense et persistant, il est possible que vous soyez dans un mécanisme dépressif qui dépasse la tristesse normal que l’ont peut ressentir dans ces situations. Il est alors important que cette dépression soit prise en charge.
Il existe aujourd’hui de nombreuses prises en charges de la dépression qui ont montré leur efficacité. Qu’elles soient médicamenteuses et/ou psychothérapique elles montrent de bons résultats.
Parce qu’il est important que la dépression soit prise en charge le plus tôt possible, parlez en à votre médecin généraliste ou psychiatre ou à un psychologue.
Nicolas Damon
Psychologue
Sources et références : Bellamy V, Roelandt JL, Caria A. et Kergall A. L’enquête Santé mentale en population générale (SMPG): une enquête »pas comme les autres », Actes du Colloque francophone sur les sondages, Éd. Dunod, 2005.












